Fig. 1 · L'IA générative fait baisser le coût de possession du sur-mesure. Le calcul « fabriquer ou acheter » n'a plus la même réponse qu'il y a trois ans.
CMA CGM relance le développement spécifique grâce à l'IA générative, et envisage de remplacer certains SaaS. Quand refaire un outil maison redevient plus malin que d'empiler un abonnement.
Et si l'équation économique du logiciel d'entreprise venait de basculer ? CMA CGM, troisième armateur mondial, vient d'annoncer que l'IA générative (comprenez : des assistants type ChatGPT branchés sur leurs outils internes) relance le développement spécifique. Mieux : le groupe envisage de remplacer certains SaaS (ces logiciels en abonnement comme Salesforce ou Workday) par des outils maison. Pendant dix ans, le mantra était « ne réinventez pas la roue, prenez un SaaS ». Aujourd'hui, un géant du CAC 40 dit l'inverse. Dans cet article, on décode pourquoi ce signal compte pour votre entreprise, et surtout à quel moment refaire un outil sur mesure devient plus malin que d'empiler un nouvel abonnement.
CMA CGM ne jette pas tous ses SaaS du jour au lendemain. Le groupe constate que l'IA générative permet à ses équipes de coder plus vite, mieux documenté, plus testé. Conséquence : un développement spécifique (un logiciel taillé pour ses propres besoins) coûte moins cher à produire et surtout à maintenir qu'il y a trois ans.
Concrètement, le groupe :
L'article source ne donne pas de chiffres précis sur le ROI ou les économies générées. On reste donc sur un signal stratégique, pas sur une étude de cas chiffrée.
Pendant quinze ans, faire développer un outil métier sur mesure était devenu une mauvaise idée pour 80 % des entreprises. Trois raisons à ça :
Ce que l'IA générative change, c'est la deuxième ligne. Quand un développeur, aidé d'un assistant IA, produit deux à trois fois plus de code testé et documenté, le coût de possession d'un logiciel maison chute. Le sur-mesure n'a pas besoin d'être moins cher que le SaaS pour gagner : il suffit qu'il devienne suffisamment proche pour que ses avantages (contrôle total, intégration parfaite, pas d'abonnement perpétuel) repassent devant.
"Le sur-mesure n'a plus besoin d'être moins cher que le SaaS pour gagner. Il lui suffit de s'en rapprocher assez pour que le contrôle et l'intégration repassent devant."
Avant de signer un nouvel abonnement SaaS, regardez votre facture annuelle. La plupart des entreprises de plus de 50 personnes utilisent entre 40 et 100 SaaS différents. Et les coûts cachés s'accumulent :
L'article de La Revue du Digital ne donne pas la facture SaaS de CMA CGM, mais à l'échelle d'un groupe de 155 000 salariés, on parle facilement de dizaines de millions d'euros par an.
Voici une grille de décision simple, pour un décideur non technique. Le sur-mesure assisté par IA mérite d'être étudié quand plusieurs de ces critères sont réunis :
À l'inverse, pour la paie, la compta standard, la signature électronique, la visio : restez sur du SaaS. Refaire ces briques n'a aucun sens, même avec l'IA.
Le message à retenir n'est pas « arrêtez les SaaS ». C'est : rouvrez l'option du sur-mesure avant de signer. Il y a trois ans, la question ne se posait même pas. Aujourd'hui, oui. Avant votre prochain renouvellement d'abonnement ou nouveau projet d'outil métier, posez ces trois questions :
CMA CGM envoie un signal clair : l'IA générative rebat les cartes du « build vs buy » (fabriquer ou acheter). Le sur-mesure n'est plus condamné par sa maintenance. Pour autant, tout repasser en interne serait absurde. La vraie compétence du décideur en 2026, c'est de savoir où placer le curseur : SaaS pour les fonctions standard, sur-mesure pour ce qui fait votre valeur. Avant chaque nouvel abonnement ou refonte, refaites le calcul. La réponse a peut-être changé depuis votre dernière décision.
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