Fig. 1 · Au S1 2026, les dépenses en IA ont été multipliées par 5 chez de nombreuses entreprises, sans que l'impact sur les revenus soit mesurable pour la grande majorité d'entre elles (source : SaaStr / 20VC).
Au premier semestre 2026, les entreprises ont quintuplé leurs dépenses en IA. Presque aucune ne peut mesurer un impact sur ses revenus. Voici pourquoi, et la question à poser avant de signer quoi que ce soit.
Au premier semestre 2026, les entreprises ont multiplié par cinq leurs dépenses liées à l'IA, selon une analyse publiée par SaaStr en partenariat avec 20VC. Le chiffre est frappant. Ce qui l'est encore plus : presque aucune de ces entreprises n'est capable de montrer que ces dépenses ont fait bouger son chiffre d'affaires. Ce phénomène a même un nom dans les cercles investisseurs : la « token ROI crisis ». En clair, on dépense beaucoup en IA (les fameux "tokens", c'est-à-dire les unités de calcul facturées par les modèles d'IA) et on ne sait pas si ça vaut le coup.
Ce n'est pas une critique de l'IA en tant que technologie. C'est un signal d'alarme sur la façon dont les entreprises l'adoptent, souvent sans cadre de mesure, parfois sans objectif précis. Si vous envisagez d'intégrer l'IA dans vos outils ou vos process, ce constat vous concerne directement.
Quand une entreprise « intègre l'IA », elle paie généralement pour utiliser un modèle comme GPT-4o (OpenAI), Claude (Anthropic) ou Gemini (Google). Ces modèles fonctionnent à la consommation : chaque texte analysé, chaque réponse générée, chaque document résumé consomme des "tokens" et coûte de l'argent. Plus vos équipes ou vos outils sollicitent le modèle, plus la facture monte.
Au départ, les montants restent modestes, quelques centaines d'euros par mois. Mais dès qu'une fonctionnalité IA est déployée à l'échelle (un chatbot client, un assistant interne, une analyse automatique de documents), la consommation explose. C'est exactement ce qui s'est passé au premier semestre 2026 : les entreprises ont mis l'IA en production, les volumes ont décollé, et les budgets ont suivi mécaniquement, sans que les équipes dirigeantes aient toujours anticipé la trajectoire.
La vraie question n'est pas de savoir si l'IA « fonctionne ». C'est de savoir si elle rapporte plus qu'elle ne coûte. Et là, la plupart des entreprises buttent sur trois problèmes concrets.
On a quintuplé la dépense. On n'a pas quintuplé les revenus. Et personne dans la salle ne peut expliquer pourquoi.
Avant de valider un budget IA, une intégration ou même un simple abonnement à un outil dopé à l'IA, posez cette question à voix haute : comment saurons-nous dans 3 mois si ça a rapporté quelque chose ? Si personne dans la pièce ne peut répondre avec un chiffre ou un indicateur précis, le projet n'est pas prêt.
Ce n'est pas une question piège. C'est la même logique que pour n'importe quel investissement. Un nouvel employé, un outil CRM, une campagne marketing : on définit ce qu'on attend avant de signer. L'IA ne devrait pas déroger à cette règle, même si l'enthousiasme autour du sujet pousse parfois à brûler les étapes.
Faire développer une application métier ou un SaaS avec une brique IA intégrée, c'est un investissement plus lourd qu'un abonnement à un outil existant. Le risque de dépense sans mesure y est donc encore plus élevé. Si votre prestataire ne vous demande pas quels résultats vous voulez mesurer avant de coder, c'est un signal d'alerte.
Un bon cadrage comprend toujours une réponse à cette question : quelle donnée, dans votre tableau de bord, sera différente dans six mois si l'IA fait son travail ? Ce peut être le nombre de dossiers traités par jour, le taux d'erreur sur une tâche précise, ou le temps moyen passé sur une étape de votre process. Si vous ne pouvez pas nommer cette donnée aujourd'hui, repoussez le démarrage de quelques semaines et clarifiez d'abord l'objectif.
La crise du ROI des tokens n'est pas une fatalité. C'est le résultat d'une adoption trop rapide, sans cadre de mesure. Les entreprises qui s'en sortent le mieux ne sont pas forcément celles qui dépensent le plus en IA : ce sont celles qui ont défini, avant de dépenser, ce qu'elles voulaient observer.
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SaaStr
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